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La maladie

L’Ataxie de Friedreich

Qu’est-ce que l’ataxie de Friedreich ?

C’est une maladie neurologique, évolutive, rare, d’origine génétique, décrite pour la première fois en 1881 par le neurologue allemand Nicolaus Friedreich.

Elle débute souvent à l’adolescence, parfois dans l’enfance ou à l’âge adulte.

L’évolution est progressive, variable d’une personne à l’autre.

Ataxie :

Incoordination des mouvements volontaires dans le temps et dans l’espace par atteinte du cervelet et des voies de la sensibilité profonde.

Rare :

environ 1500 personnes en France.

Génétique : 

héréditaire de transmission autosomique récessive.

Quelques notions de génétique

02 - Schéma ADN

L’homme

Il est constitué de milliards de cellules, réunies en 200 types de tissus environ qui constituent les appareils ou systèmes (nerveux, musculaires, etc.) du corps humain.

La cellule

Chaque cellule contient un noyau. Le noyau contient l’ensemble du patrimoine génétique (génome). Toutes les cellules renferment dans leur noyau le même programme génétique, mais leur expression est différente selon le tissu auquel elles appartiennent.

Les chromosomes

Dans le noyau, il y a 23 paires de chromosomes. Chaque chromosome est formé de molécules d’ADN, Acide DésoxyriboNucléique, parmi lesquelles les gènes qui ne représentent que 25 %.

On a répertorié actuellement 24194 gènes dans l’espèce humaine et on connaît 99,5 % du génome humain depuis 2004.

L’ADN

L’ADN contient donc tout notre patrimoine génétique. La molécule d’ADN est faite de 2 fils ou brins en hélices (Watson et Crick, prix Nobel 1953). C’est une molécule chimique constituée de 4 bases (Adénine, Thymine, Guanine, Cytosine), de sucres et de phosphates.

Le gène

Le gène est constitué d’une succession précise de ces bases, regroupées par séquences de 3, appelés codons ou triplets. Le gène est formé d’intron et d’exons.

L’ARN

Le gène code une protéine ou des protéines en envoyant un messager : l’ARN (Acide Ribo Nucléique), pour fabriquer ces protéines faites d’acides aminés (on parle aussi de transcription).

Qu’est-ce qui se passe dans l’ataxie de Friedreich ?

Exe fiches Maladie AFAF

Le gène

Le gène défectueux est situé sur la paire de chromosomes n°9. Il a été découvert en 1996 par les équipes du Pr Koënig et du Pr Pandolfo. La protéine L’ataxie de Friedreich est la conséquence d’une répétition anormale (expansion) de triplets GAA, dans le gène atteint ; la fonction de ce gène est de fabriquer une protéine, nommée “frataxine”. Chez les personnes atteintes, la frataxine est présente en trop faible quantité.

La cellule

La frataxine est localisée dans les mitochondries. Les mitochondries, présentes dans chaque cellule, sont le lieu de fabrication du carburant énergétique de la cellule. Le manque de frataxine perturbe le bon fonctionnement de la mitochondrie et entraîne la présence de produits toxiques, appelés radicaux libres, oxydant la cellule « qui rouille et meurt ». D’où l’idée d’essayer un antioxydant, une quinone, l’idébénone, proche du coenzyme Q10, pour tenter de diminuer ces radicaux libres. On connaît encore mal tous ces mécanismes, mais la recherche avance.

Dans l’ataxie de Friedreich, certains organes seraient plus touchés en raison probable de la richesse en mitochondries (tissu musculaire cardiaque, muscles, pancréas)

La transmission de cette maladie génétique

L’ataxie de Friedreich est une maladie génétique de transmission autosomique récessive :

– Autosomique : elle n’est pas liée au sexe et donc touche hommes et femmes.

– Récessive : pour que la maladie se développe (on dit aussi s’exprime) l’anomalie génétique doit se trouver sur les 2 parties (allèles) du chromosome. Dans le cas où un seul allèle est atteint, l’autre allèle (sain) empêche la maladie de s’exprimer. (Contrairement à une maladie dominante où il suffit d’avoir un allèle touché pour développer la maladie).

Exemples

De façon générale, il existe six situations possibles de transmission génétique ; dans le tableau ci-contre, la couleur verte désigne l’absence d’anomalie, la partie rouge la présence d’une anomalie au niveau d’une paire chromosomique.

La situation du schéma 3 est le cas le plus fréquent lorsque la maladie se déclare pour la première fois dans une famille :

• Les parents sont dits « porteurs sains » (hétérozygotes) : chacun, sur la paire du chromosome 9, présente une partie saine et une partie touchée. Ils ne savent donc pas qu’ils sont porteurs car ils ne développent pas la maladie.

• 4 possibilités pour l’enfant :

– Ou il a hérité des 2 copies altérées du gène et il développera la maladie.

– Ou il a hérité d’une copie altérée du père et une copie saine de la mère, il est porteur sain.

– Ou il a hérité d’une copie altérée de la mère et une copie saine du père, il est porteur sain.

– Ou il n’a hérité d’aucun gène altéré il n’est ni malade ni porteur.

Donc, à chaque grossesse, la probabilité d’avoir un enfant malade (homozygote) est de 1/4, la probabilité d’avoir un enfant porteur sain est de 2/4 (hétérozygote), celle d’avoir un enfant non porteur est de 1/4.

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Dans la situation du schéma 1, aucun des parents n’est porteur, donc pas de risque.

Dans la situation du schéma 2, un des parents est porteur, mais ne le sait pas ; à chaque grossesse, le risque d’avoir un enfant porteur est de 1 sur 2.

Dans la situation du schéma 3, les 2 parents sont porteurs ; à chaque grossesse, il y a un risque sur 4 d’avoir un enfant malade.

Dans la situation du schéma 4, l’un des parents est malade puisqu’il a les 2 parties touchées, et l’autre parent est sain ; à chaque grossesse, l’enfant sera porteur, mais pas malade.

Dans la situation du schéma 5, l’un des parents est malade et l’autre porteur sain ; à chaque grossesse, il y a un risque sur 2 de développer la maladie et un risque sur 2 d’être porteur.

Dans la situation du schéma 6, les 2 parents sont malades et chaque enfant le sera aussi.

Nous sommes tous porteurs de 5 à 6 % d’anomalies génétiques rares. La probabilité pour un homme ou une femme de rencontrer quelqu’un avec la même anomalie génétique est donc rare. Etant tous les deux porteurs sains (on dit aussi hétérozygote), ils n’avaient aucun moyen, au moment de la conception, de savoir qu’ils pouvaient transmettre une telle maladie à leur enfant !